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Dans le n° 36 - Février 2012

Par Richard Barthès


Incertitudes et/ou opportunités ?

L'année 2011 a vu se cumuler comme jamais les mauvaises nouvelles, croissance en berne, chômage, reparti à la hausse, euro déstabilisé et  économies européennes à bout de souffle, perte annoncée du triple A et crainte des effets dévastateurs qu'il aura sur le quotidien de chacun de nous. La liste est longue des désillusions et des remises en causes que nous voyons poindre à l'horizon de 2012, année électorale,  où tout semble se conjuguer  pour que soit  confirmé notre basculement dans la déprime collective. Les hôpitaux publics à l'image du pays ne sont pas en reste de la morosité ambiante et cumulent eux aussi les tristes constats : finances en déliquescence, perte d'image et de notoriété, restructurations inachevées, personnels démotivés... Cette situation quasi générale de perte de confiance en l'avenir semble  inhiber la plupart des responsables, dont les responsables hospitaliers, en concentrant les énergies à ne pas être " là ou va tomber la météorite "  Comme si chacun était dans l'attente de l'inéluctable et de la catastrophe annoncée.

Après tout la réalité n'existe pas, seul le regard que l'on porte sur les choses leur donne un sens. Et il y a beaucoup de sens à donner pour les établissements de santé et leurs personnels à cette année 2012. Ne faut-il pas transformer toutes ces incertitudes en autant d'opportunité ? Travailler par exemple à rendre la médecine plus " sobre " pour aller vers une médecine ou l'on va faire le geste médical approprié, l'examen biologique ou radiologique nécessaire et utile au diagnostic et au traitement, la durée de séjour et le mode de prise en charge adapté au besoin... Comment ne pas voir les formidables économies qui sont derrière une médecine très " développement durable "  et qui pour une fois n'oppose pas la performance, la qualité des soins et les couts ? Avoir aussi le courage de s'attaquer, encore plus qu'on ne le fait aujourd'hui, aux organisations de travail défaillantes, inefficaces et couteuses, quelle soit d'ailleurs médicale, soignante, administratives technique ou logistique, et qui sont maintenues par crainte de toucher aux situations acquises.

S'impliquer enfin dans une véritable gestion des ressources humaines moderne et qui réponde aux attentes et aux besoins des personnels mais aussi d'un monde nouveau et changeant. Cela suppose de sortir résolument du carcan des procédures administratives dans lequel s'est enfermé progressivement l'hôpital public et qui " le plombe " dans son management et sa gouvernance. Ces quelques exemples montrent que la voie de la qualité et de la performance est la seule voie possible face à une crise qui n'est pas que financière, mais aussi morale. Redonner du sens au travail, à la finalité de nos institutions et de nos métiers, a d'heureuses conséquences sur la qualité de la prise en charge et la satisfaction de nos patients, sur l'épanouissement de nos personnels et leur implication, et in fine, sur le compte de résultat.  Ce sens là n'est pas à trouver dans une formule miraculeuse ou une préconisation de consultant, mais bien à construire collectivement et patiemment, acte après acte.  Après tout, diriger c'est aussi montrer la direction.




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