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Dans le n° 35 - Janvier 2012

Par Catherine Hontebeyrie-Soulié


Année 2012 : rigueur et austérité en toile de fond pour les établissements ?

Si l'année 2011 fut difficile pour nombre d'établissements, 2012 sera probablement le point de départ d'une véritable politique managériale de rigueur pour l'ensemble des établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux. En effet l'hôpital, acteur majeur du système de santé, ne vit pas isolé dans sa bulle et ne peut en conséquence s'exonérer d'une particip    ation active à l'amélioration des finances publiques. Ce constat explique en partie la contribution attendu de lui dans le cadre des 500 millions d'euros d'économies supplémentaires demandées par le gouvernement dans le dernier plan de rigueur.
En ramenant l'objectif national des dépenses d'assurance-maladie (ONDAM) de 2,8 à 2,5%, il a été nécessaire de déterminer les secteurs sur lesquels les mesures d'économie pouvaient porter. Si les principales contributions au plan de rigueur en santé sont demandées au secteur privé : médicament à hauteur de 290 millions d'euros, décotes tarifaires en radiologie et en biologie à hauteur de 90 millions d'euros ; le secteur public contribuera de son côté par la diminution des dépenses médico-sociales à hauteur de 20 millions d'euros et par la baisse de dotation du fond de modernisation des établissements de santé publics et privés pour 15 millions d'euros.

Et ce n'est qu'un début puisque le gouvernement demande que l'ONDAM reste fixé à 2,5% jusqu'en 2016 en indiquant, dans le rapport adopté par les parlementaires : " compte tenu d'une évolution tendancielle légèrement supérieure à 4% de ces dépenses, un effort d'économie de plus de 2,5 milliards d'euros chaque année est nécessaire. Ces économies seront justement réparties entre effort de maîtrise médicalisées des dépenses de soins de ville, baisse des coûts des médicaments par le développement des génériques et l'action sur les prix des produits, amélioration de l'efficience hospitalière et convergence tarifaire ".

À la clef de cette politique d'austérité, c'est le retour à l'équilibre des comptes de la sécurité sociale à l'échéance 2015 qui est espéré.
Mais cet objectif est-il réaliste ou connaitra t-il le sort du " zéro déficit à l'hôpital en 2012 ", dont on mesure aujourd'hui à quel point il était utopique ?
Quelle pourra être la contribution effective des hôpitaux à cette politique de rigueur au regard de l'évolution de la masse salariale notamment catégorielle ? Au cours de l'année écoulée la croissance des charges a été de 3,1% d'après les indications de la Fédération hospitalière de France (FHF) alors que l'évolution de l'ONDAM aura été de 2,8%. Les établissements ont été contraints de freiner sur tous les postes de dépenses : logistique, achat et personnel par toutes sortes de mesure dont le non remplacement des départs en retraite. Jusqu'où peut-on encore aller ? Le collectif inter-associatif sur la santé (CISS) a récemment rendu public les résultats d'un sondage sur les conséquences du plan de rigueur quant à l'accès aux soins. Il en résulte que les Français redoutent, à une large majorité, les effets de cette politique d'austérité sur leur santé...

Le système de santé n'en a décidemment pas fini avec la crise. Au sein de celui-ci, les établissements dans leur ensemble sont désormais bien inscrits dans une logique de changement continu. Elle implique de dépasser les résistances au changement qui ne sont plus de mise et contribuent, dans un contexte d'austérité qui va perdurer, à décrédibiliser l'hôpital, au profit d'un positionnement mental plus ouvert, s'attachant à mieux intégrer vision stratégique globale et non hospitalo-centriste et complexité systémique.

Tel pourrait être le challenge 2012 des directeurs d'établissements...



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